• Mon pèlerinage en Inde - 2

     

     

     

     

    Mon pèlerinage en Inde

     

     

    (suite)

     

     

     20/12/2010. Nous sommes restés à Bodh Gaya plusieurs jours.

    Nous avons visité plusieurs pagodes dans les alentours : pagodes Tibétaines, Japonaises, Khmères, Thais, Chinoises, et Vietnamiennes... Il y avait beaucoup de pagodes Vietnamiennes dans cette région. Elles étaient toutes très grandes, et luxueuses.

    Nous en avons visité une; il faisait déjà presque nuit quand nous y arrivâmes. Elle avait un escalier très haut menant directement de la cour à la grande salle de l’autel. L’escalier comptait près d’une centaine de marches, tout en marbre, avec deux grands dragons le long de la rampe. Le jardin était immense, avec ici deux grandes cigognes en marbre blanc, là un grand éléphant ; à l’autre coin un banc en marbre à l’ombre d’un figuier ; plus loin un petit pont enjambant un filet d’eau bordé de quelques touffes de bambous ; et plus loin encore un petit bassin aux nénuphars … etc … etc… En plein jour, cela devrait être magnifique, somptueux ! La construction de la pagode n’était pas encore tout à fait terminée, faute de fonds. Sûrement le vénérable responsable attendait encore des dons de la part des fidèles.

    Nous avons visité une école ; celle ci avait une infirmerie pour soigner les maladies, les petites blessures sans gravité des élèves, et aussi des gens du village et des alentours. Sur le mur il y avait des dessins : « Il faut se couper les ongles, il faut se laver les mains, il faut se brosser les dents, il faut se laver régulièrement…etc …etc. » Rien qu’avec cela on pouvait en déduire que la notion d’hygiène et de propreté des gens dans ces petits villages laissait beaucoup à désirer.
    L’infirmerie n’avait que des plantes (médicinales ?) !!!

     

    21/12/2010. Dans la cour de la pagode Japonaise près de Bodh Gaya, il y avait une statue du Bouddha assis, la plus grande du monde, dit-on, formée par des blocs de marbre. Au pied de la statue, se trouvaient celles de ses dix grands disciples :

    Ananda : un cousin et assistant personnel du Bouddha. Il avait une mémoire infaillible. C’était lui qui récitait les enseignements du Bouddha, commençant toujours par la phrase : « Ainsi ai-je entendu … »

    Sariputa: L’aîné de tous les disciples du Bouddha. Sa sagesse était incomparable.

    Punna : Très miséricordieux. Il connaissait beaucoup de plantes medicinales et excellait dans la composition et le mélange des diverses plantes pour guérir des maladies.

    Mahakaccana : Le plus éloquent prêcheur des disciples du Bouddha, capable de répondre à toutes les questions.

    Rahula : Le fils du Bouddha. Après avoir eu déjà 1250 disciples, Bouddha revint dans son pays natal. La princesse Yasodhara, la mère de Rahula, depuis sa fenêtre, dit à son fils, « L’homme en tête du groupe qui entre dans la cour impériale est ton père, va lui réclamer ta part d’héritage. » Et Rahula courut à la rencontre de son père. Bouddha l’autorisa à le suivre. Il était le plus jeune des disciples lorsqu’il rejoignit le sangha (Il n’avait que 9 ans).

    Subhuti : Celui des disciples du Bouddha qui comprenait le mieux le principe de non-substantialité: Tout objet ou phénomène est « vide » d’existence (ou de substance) propre et dépend d’innombrables influences pour « exister ». Tous les phénomènes physiques ou psychiques sont à la fois conditionnés et conditionnants, aucune chose n’est isolée de celles qui l ‘accompagnent, la précèdent et la suivent parce que tous les phénomènes sont à la fois causes et effets, c’est la production conditionnée. La non-substantialité est la véritable nature de toute chose et rien n’a d'existence propre.

    Upali :  C’était un barbier. Le roi Suddhodana décréta qu’au moins un membre de chaque famille noble du royame devrait suivre les enseignements du Bouddha. Upali qui rasait les têtes des princes et des comtes ne cessait de pleurer. Alors ces nobles lui demandèrent pourquoi il pleurait quand il leur rasait la tête. Il répondit : « Je suis d’une caste subalterne, et je ne pourrai jamais suivre le Bouddha ». Cette histoire parvint à l’oreille du Bouddha et Upali fut autorisé à le joindre dans le sangha.

    Mahakassapa : Parmi les disciples, il prêchait l’ascèse la plus rigoureuse. Il allait toujours dans les villages les plus pauvres pour demander l’aumône. Un jour, il alla chez une vieille femme très pauvre, atteinte de lèpre aux derniers stades de la maladie. La femme lui dit qu’elle n’avait rien dans la maison à lui offrir. Mahakassapa indiqua le bol de lait à moitié vide sur la table. La vieille femme avait très peur, car elle n’osait par lui donner son bol de lait à moitié consommé comme offrande. Mais Mahakassapa insista. Elle prit le bol dans ses deux mains et alla vers lui pour le lui offrir ; mais en chemin la phalange d’un de ses doigts, pourrie par la maladie, tomba dans le bol. Mahakassapa avala tout de suite ce qui restait de lait dans le bol. La vieille femme fut alors admise dans le ciel.

    Mahakassapa est celui à qui Bouddla a offert la moitié de son trône, et à qui il assigna la responsabilité de garder ses toges et son écuelle pour les remettre au Bouddha du futur.

    Mahamoggallana : le premier parmi les disciples en matière de pouvoirs surnaturels. Il est allé une fois dans un autre monde chercher de la nourriture pour Bouddha, car il régnait à ce moment là, en ce monde terrestre une sévère disette.

    Il a sauvé sa mère de l’enfer, histoire que nous connaissons bien par le sutra Ullambana, que son adéquation avec l'idéal de piété filiale a rendu populaire chez nous, les Vietnamiens, pour qui le culte des ancêtres est essentiel.

    Anuruddha : Issu du clan Shakya, cousin du Bouddha. Il était le premier en ce qui concerne l'oeil divin.

    Parmi les disciples du Bouddha, deux n’étaient pas autorisés à entrer au Nirvana : Mahakassapa devait rester en ce monde, garder les toges et l’écuelle du Bouddha Sākyamuni pour les remettre au Bouddha du futur. Le deuxième était Pindola Bharadvaja. Celui ci avait aussi des pouvoirs surnaturels: dans le village il y avait un homme qui s’amusait à toujours présenter des offrandes aux moines dans un panier accroché sur le haut sommet des arbres; Pindola souvent utilisait ses pouvoirs magiques pour les récupérer. Or Bouddha avait interdit l’usage de ces pouvoirs devant les gens du village, pour éviter que ces gens ne croient que le but de l’enseignement du bouddha est l’obtention des pouvoirs magiques. Pindola fut alors envoyé dans un autre monde. Des années plus tard, ses amis disciples qui l’aimaient en raison de son tempérament rieur, demandèrent au Bouddha de lui permettre de revenir en ce monde terrestre. Bouddha accepta mais lui interdit d’entrer au Nirvana, il devrait rester en ce monde pour être le témoin des fidèles qui feront des offrandes.

    Dans la pagode Khmère, il y avait une peinture représentant une femme enceinte, se tenant devant un public et pointant un doigt accusateur vers le Bouddha. « C’est lui, lui, le père de l’enfant que je porte en mon sein » dit notre vénérable Thich Nguyên Hùng avec l’accent d’une femme en colère. Mais, après cela la femme trébucha et tomba devant le public. L’oreiller qu’elle cachait devant son ventre est tombé par terre, selon l’histoire. Nous étions tous pris d’un fou rire, devant la façon si humoristique du vénérable, de raconter l’histoire.

     

    22/12/2010. Visite du mont Kukkutagiri, où se trouvait la grotte de Mahakassapa.

    Je n’ai pas pu y aller. La montée jusqu’à la grotte était très abrupte et périlleuse. J’étais trop malade ce jour là. Je regrette beaucoup maintenant de n’avoir pas pu y aller.

    L’après-midi nous sommes allés visiter le village de la jeune Sujata qui a offert le bol de lait au Bouddha avant son Illumination, et l’ancienne place de la maison du chevrier qui a offert au Bouddha la botte d’herbe Kusa.

     

    23/12/2010. Visite d’une école dirigée par une sœur Vietnamienne, Sœur Tu-Tâm, et distribution de cadeaux aux élèves (cahiers, stylos, crayons, gommes etc. .. et … bonbons).
     

    Après-midi : Visite de la forêt Tapovana où Bouddha a passé 6 ans à pratiquer l’ascèse, près de la rivière Nairanjana. La colline était assez haute, mais le chemin qui menait jusqu’au sommet avait été aménagé, et dallé. On pouvait acheter des cannes, ou louer des « palanquins ».

    J’ai pu aller jusqu’au sommet à pied, mais j’ai dû m’arrêter à plusieurs reprises pour souffler. Parmi les jeunes de notre groupe, il y en a qui montaient jusqu’au sommet en « se prosternant tous les trois pas ».

    Au bord du chemin, il y avait beaucoup de singes. Des pèlerins touristes achetaient des biscuits vendus au bord du chemin pour les jeter aux singes, alors que beaucoup de mendiants se trouvaient là, et qu’ils ne leur accordaient aucune attention. Cela me revoltait profondémement. Spécialement ici, les mendiants restaient assis immobiles sur place, et ne se regroupaient pas autour de vous à vous étouffer, quand vous leur donnez de l’aumône.

    24/12/2010.

    Visite du mont Gijjhakūṭa, où Bouddha enseignait le Sutra du Lotus et autres du grand véhicule.

    Visite de la prison (ruine) où le roi Bimbasara a été enfermé par son fils Ajatashatru. Depuis le hublot grillagé de la prison, le roi pouvait voir le mont Gijjhakuta, où séjournait Bouddha Shākyamuni. C’était pour le roi une grande consolation, car il était un des plus grands fidèles du Bouddha. Visite de la ruine du palais de la reine Vaidehi, femme de Bimbasara. Ici la reine a demandé à Bouddha de lui enseigner comment faire pour renaitre en un lieu où règnerait la paix, et où il n’y aurait pas de souffrance. Bouddha lui a enseigné la pratique d’évoquer le nom du Bouddha Amitabha et le sutra d’Amitāyur-dhyāna. Il est dit que la reine a pu visualiser la Terre Pure d’Amitabha.

     C’était l’anniversaire de la naissance du Bouddha Amitabha.

    Bouddha Amitabha se distingue pour ses 48 grands voeux formulés à l’égard de tous les êtres dont le 18ème ci-après, très connu, concerne la pratique d’appeler son nom, c’est à dire de prendre refuge en lui :

    « Si, quand j’atteindrai la Bouddhéité, tous les êtres qui sincèrement me font complètement confiance, désirent renaître dans ma terre, appellent mon nom, même juste 10 fois, et ne renaissent pas en mon lieu, puissé-je ne pas réaliser l’Eveil suprême ».

    N’importe qui, instruits ou illettrés, riches ou pauves, dans n’importe quelle circonstance, peut invoquer le nom d’Amitabha: «Dans le Bouddha Amitabha je prends refuge», ne serait-ce que 10 fois, et il pourra renaître dans la Terre Pure du Bouddha Amitabha.

    Le soir : Le baptême bouddhiste de cinq membres de notre groupe au temple Maha Bodhi. C’était le dernier jour de notre séjour à Bodh Gaya. Je sentis tout d’un coup une pointe languissante de nostalgie …

     

    25/12/2010 : Sur la route vers le Népal, nous visitâmes la pagode Kiêu-Dàm-Di dont une soeur Vietnamienne avait la charge, et autres lieux saints.

    Nalanda : Dans le nord-est de l’Inde.

    L'université n’est plus maintenant qu’une ruine, avec des restes de murs, des fondations excavées sur une aire bien vaste. L’université a été reconstruite vers le 5ème siècle de notre ère et considérée comme un chef d’œuvre architectural. C’était la première université dans l’histoire bouddhiste de l’Inde, et c’était la première université résidentielle du monde. L’université grandit rapidement en importance et connaît une renommée internationale qui attire des moines étudiants du Tibet, de Birmanie, de Chine, d'Indonésie et aussi de Corée, et du Japon.  Dans son apogée l’université comptait plus de 10,000 étudiants.

    Bouddha Shakyamuni est mentionné être resté plusieurs fois à Nalanda; il résidait habituellement dans le « jardin des manguiers ».

    Xuanzang, pèlerin bouddhiste chinois, célèbre et bien connu par son roman classique « Le journal du pèlerinage vers l’Ouest » a fait des études ici, a ramené un grand nombre de textes en sanskrit et en pâli avec lui, et les a traduits ensuite en langue chinoise.

    Beaucoup de singes ont élu domicile ici, dans l’enceinte de l’université. Ils étaient très audacieux. Quelqu’un a crié derrière moi : « Attention aux singes ! Ils arrachent les sacs des pèlerins, pensant qu’il y a de la nourriture, car souvent les pèlerins leur donnent à manger ». Je pensai avec beaucoup d’amusement « Si vraiment ils nous arrachent les sacs, comment les poursuivre pour les récupérer ? Ils sautent d’un arbre à l’autre, de l’intérieur de l’enceinte, à l’extérieur… ! » Mais ceci me fit penser : « Je n’ai pas vu de pickpockets dans les rues depuis notre arrivée en Inde. C’est un point positif. » Puis une autre chose que j’ai remarquée: « les gens ici vivent pacifiquement les uns avec les autres, les maisons sont côte à côte, il n’y a pas de haies, de séparations entre les maisons, il n’y a pas de notion de « ceci est à moi » …

     

     

      

    (à suivre - page suivante)


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